Les méthodes de travail de l'expert
L'expert immobilier est un professionnel indépendant dont le
métier consiste à définir en toute impartialité
et avec précision la valeur des biens immobiliers, des fonds de commerce
ou d'entreprises. Sa connaissance du marché immobilier local lui
permet d'établir des références pour déterminer
la valeur vénale ou la valeur locative d'un bien immobilier
d'habitation, agricole et forestier, de bureau, de loisir, d'un fonds de commerce,
d'un bien artisanal ou industriel.
Les investigations entreprises pour réaliser sa mission
permettent de rechercher, analyser et synthétiser l'ensemble des
paramètres économiques, techniques, comptables, juridiques et
fiscaux pour déterminer la valeur d'un bien au sein d'un
marché parfois étroit et souvent spécifique.
Le rapport d'expertise remis au client fait suite à une méthodologie
découlant des engagements pris dans la Charte de l'Expertise, et
matérialisée par différents entretiens, visites et
analyses.
assurance
Responsabilité Civile Professionnelle : Tout expert
doit faire garantir sa responsabilité auprès d'une compagnie
d'assurance, d'autant plus que sa responsabilité,
conformément à la loi est fixée à 30 ans. Il
s'agit de garantir sa responsabilité civile d'exploitation et sa
responsabilité civile professionnelle.
Les principes d'évaluation :
1)
Les types de valeurs : il existe deux catégories de valeurs en
matière de terrains et de bâtiments :
- les valeurs de marché (valeur vénale et valeur
locative) -
- les valeurs de remplacement (coût de remplacement brut ou
net)
La valeur vénale : La Charte de l'Expertise en Evaluation Immobilière
élaborée sous l'impulsion de 14 associations d'experts
immobiliers, dont la Chambre des Experts Immobiliers de France FNAIM,
à laquelle les experts membres des associations signataires doivent
se référer, donne de la valeur vénale la
définition suivante : "la valeur vénale correspond au
prix auquel un bien ou un droit immobilier pourrait être
raisonnablement cédé en cas de vente amiable au moment de
l'expertise".
La
valeur locative : La Charte de l'Expertise en
Evaluation Immobilière, en donne également la
définition : "elle s'analyse comme la contrepartie
financière annuelle de l'usage d'un bien immobilier dans le cadre
d'un bail. Elle correspond donc au loyer de marché qui doit pouvoir
être obtenu d'un bien immobilier aux clauses et conditions usuelles des
baux pour une catégorie de biens et dans une région
données".
La valeur locative de marché intègre éventuellement
l'incidence de toute somme ou versement en capital, soit au locataire
précédent (droit au bail), soit au propriétaire (pas
de porte, droit d'entrée, indemnité de changement
d'activité, etc…).
La valeur locative est exprimée hors droit au bail ou hors TVA et
hors charges locatives ou de toutes autres natures refacturées au
preneur.
Le coût de remplacement brut : Il
s'agit du coût d'achat du terrain et du coût de construction
des bâtiments, à l'identique ou à l'équivalent,
qui s'y trouve, impôts non récupérables, frais, taxes,
honoraires inclus.
Le coût de remplacement net : Il
s'agit du coût de remplacement brut, duquel on déduit la
dépréciation pour
vétusté et obsolescence.
2)
Les méthodes d'évaluations : il existe 4 grandes familles de méthodes d'évaluation
de biens immobiliers
- l'estimation par comparaison (ou méthode
par le marché) : elle consiste
à déduire la valeur d'un bien de l'analyse du prix
obtenu de la vente, récente, d'autres biens aussi semblables
que possible en termes de consistance, d'état, de situation,
dits "références" ou "points de
comparaison".
- L'estimation par capitalisation du revenu : elle consiste à capitaliser ou actualiser un revenu
annuel, qu'il s'agisse d'un loyer constaté ou d'une valeur
locative, d'un revenu brut ou d'un revenu net, pour parvenir à
une valeur vénale. La méthode est fondée sur le
constat que la valeur du bien est en relation avec le revenu qu'il
procure (ou peut procurer).
- L'estimation par le coût de remplacement : elle consiste à reconstituer le prix de revient du
bien, en déduisant le cas échéant une
dépréciation. Cette méthode est peu
utilisée en matière de valeur de marché. Elle est
plus fréquemment utilisée pour des biens très
spécialisées ou pour définir des valeurs
d'utilité ou d'exploitation.
- Les méthodes dites
"professionnelles" : Pour
certains biens spécialisés tels que hôtels,
cliniques, cinéma, théâtre…, la pratique professionnelle
a dégagée des normes et méthodes permettant de
définir la valeur vénale ou la valeur locative des murs,
ou la valeur du fonds de commerce.
La mission de l'expert
L'expert immobilier doit se faire préciser par son client sa mission
: la lettre de mission doit indiquer de façon précise
l'étendue de la mission, le délai de réalisation ainsi
que le montant des frais et honoraires convenus.
La
constitution de dossier
L'expert ne peut réaliser sa mission qu'avec la coopération
du client, qui doit lui communiquer tous documents utiles.
Les
frais et honoraires
C'est la rétribution convenable et suffisante payée par un
tiers pour remplir les engagements pris vis à vis de l'expert
immobilier pour la juste récompense de l'accomplissement de sa mission.
La rémunération de l'expert doit
donc comprendre dans chaque affaire, les éléments suivants :
- Une participation aux dépenses du cabinet :
secrétariat, amortissement du matériel, papeterie,
loyer…
- Un remboursement des frais et débours engagés par
l'expert : déplacement, correspondance,
téléphone, photographie, frais de recherche…
- La rémunération du travail proprement dit :
étude du dossier, visite des lieux, écoute et examen des
dires, rédaction du rapport… Bien que le tarifs des
honoraires soit libre, la grande majorité des experts fixent
leur rémunération en fonction de vacations horaires, ce
qui théoriquement paraît plus conforme à
l'équité puisque l'expert est honoré en fonction
du temps passé et non sur la notion de valeur du bien, ce qui
garantit le client de toute surenchère quant au prix.